Hydrantman est engagé à Maîtriser le feu pour protéger la forêt et préserver l'eau dans l'Himalaya et au Népal en particulier.
Return to site

Sur les traces d’une Princesse de l’Himalaya

· Népal,Découverte
Sur les traces d’une Princesse de l’Himalaya
Rencontre avec Vanessa Dougnac

Vanessa, tu vis en Inde, à Delhi, depuis plus de 15 ans, tu es journaliste, correspondante en Asie pour de grands quotidiens et magazines français, belge et suisse parmi lesquels Le Point, le Temps et le Soir… et tu es une grande voyageuse, une Aventurière. Tu reviens tout juste d’une expédition à cheval de 2 mois : tu as parcouru plus de 1000 km au cœur de l’Himalaya, sur les traces d’une Princesse originaire du Mustang (Nord du Népal, à la frontière tibétaine) qui, au XVIII e siècle, a rejoint à cheval le Ladakh depuis le Mustang pour rencontrer son futur époux, le roi du Ladakh.

Pourquoi décide-t-on de s’engager dans une telle expédition ?

Pour être vivante… Pour l’aventure, la liberté. Pour retrouver simplement le sens du voyage et des distances dans ces montagnes grandioses. Pour vivre avec le monde, dans le monde. Pour l’aimer !

Comment as-tu voyagé ?

Dans chaque région himalayenne que je traversais, j’avais trois chevaux et un « horseman», c'est-à-dire un jeune homme de la région qui prenait soin des chevaux. Nous étions tous les deux à cheval et le troisième cheval transportait nos affaires. J’ai formé ainsi 4 équipes tout au long de ma route, au Ladakh (Inde), à Jumla, dans le Dolpo et au Mustang (Népal).

Le « horseman » était mon seul compagnon de voyage et des relations fortes se sont nouées. Souvent, il ne parlait pas l’anglais. On s’exprimait dans un hindi sommaire et les échanges étaient limités. Mais quand on est à cheval, avec le bruit du vent et les efforts à fournir, on ne communique souvent que pour l’essentiel, c’est-à-dire pour se prévenir des directions ou des dangers. Mon idée était de voyager comme les habitants de l’Himalaya le faisaient autrefois, en demandant l’hospitalité aux villageois. C’est un moyen formidable pour aller à leur rencontre et pour partager quelques moments de leur vie. Je ne montais ma tente que lorsqu’il n’y avait aucune habitation à proximité, c'est-à-dire généralement quand on se trouvait à plus de 4700 m d’altitude… ou bien quand on se perdait et que, à la nuit venue, on n’arrivait pas à rejoindre le hameau prévu.

Nous avions un équipement minimal pour être mobiles et flexibles, et les villageois de ces régions voyagent ainsi eux-mêmes. Les rares trekkeurs que j’ai rencontrés dans le Dolpo et au Mustang avaient des guides, des mules, des tentes pour la cuisine, des bonbonnes d’oxygène, etc. J’ai alors réalisé que je voyageais vraiment sans filet.

À quoi ressemblent les journées pendant une expédition ?

Elles sont très remplies, malgré l’isolement et les longues heures passées à cheval. Toute une routine s’organise autour de la vie quotidienne. Je me levais tôt, vers 5 h ou 5h30. Le premier plaisir était une tasse de café, quand c’était possible. Mais pas de petit-déjeuner. Je faisais une toilette élémentaire car l’eau était glaciale. Et puis je préparais mes sacs, ce qui prenait du temps car ce n’est pas si simple. Je gardais avec moi, à cheval, les affaires indispensables pour la journée et le reste (nourriture, sac-à-dos, tente, tapis de sol, sac de couchage) devait être réparti dans deux grands sacs de riz, en les protégeant d’un plastique en cas de pluie ou de chute dans les rivières.

J’aidais ensuite mon « horseman » à harnacher les sacs avec des cordes sur un cheval et à répartir le poids. Mais ils sont tombés plus d’une fois sur les terrains escarpés ! On partait vers 7h30 ou 8h. On progressait dans les montagnes souvent jusqu’au soir, avec de rares pauses. La plus attendue était celle que nous faisons vers 10 h pour le premier casse-croûte. Là, on croyait encore qu’on avait le temps, c’était le matin avec les premiers rayons du soleil et on paressait une bonne demi-heure.

Ensuite, nous étions très occupés, l’air de rien. Il fallait trouver les bonnes routes et s’engager dans une mauvaise vallée peut faire perdre des heures, voire une journée. Je devais calculer mes rations d’eau dans ma gourde lors des passages de cols car il n’y avait alors plus de rivière pour faire le plein. Ce genre de petits problèmes occupe beaucoup.

Quand le sentier était difficile, j’étais très absorbée. Nos chevaux locaux étaient très agiles sur ces terrains, mais il fallait cependant bien les guider et les aider à ne pas trébucher. Parfois, aux passages dangereux, il n’y avait d’autre choix que de descendre de cheval et des marcher plusieurs heures pour soulager les chevaux. Nous longions des falaises et des ravins hallucinants ; j’ai eu le vertige et j’ai eu peur des milliers de fois! Quand la route était plus facile, j’avais alors le temps de me relaxer à cheval, de prendre des photos, de manger quelques fruits secs ou, bien sûr, de me faire plaisir en galopant.

Et les journées passaient ainsi, parfois sans croiser personne à part un berger ou un muletier. A cheval, sur de telles distances, on perd un peu les repères temporels et on compte surtout en étapes : la prochaine vallée, le prochain col, le refuge des gardiens de yaks, la rivière, etc. Mais la situation et les conditions variaient évidemment selon les régions et l’altitude.

Enfin, le soir, tout allait vite. Monter la tente ou trouver une maison pour nous accueillir. Défaire les sacs. Donner à manger aux chevaux et les laisser se reposer pour la nuit. Faire sa toilette. S’il n’était pas trop tard et qu’il y avait une rivière à proximité, je me lavais les cheveux et je nettoyais mes vêtements. En voyage, les petits plaisirs deviennent d’immenses bonheurs. Ensuite, j’écrivais mon carnet de voyage, j’étudiais la carte et je réfléchissais à l’itinéraire de la journée du lendemain. J’aimais beaucoup ce rituel, accompagné d’un thé salé au beurre de yak. Puis c’était l’heure du diner, toujours identique : dal-bhat, c’est-à-dire du riz et des lentilles, avec parfois un légume en sauce. Après le dîner, j’allais dormir vers 9h ou 9h30. Quand on était à plus de 5000 m, le sommeil était plus laborieux mais, heureusement et je ne sais par quel miracle, je n’ai jamais eu le mal des montagnes.

All Posts
×

Almost done…

We just sent you an email. Please click the link in the email to confirm your subscription!

OK

Protection de l’eau douce et potable dans des régions du monde en pénurie et pour commencer au Népal.